Poursuite de la guéguerre autour de la Liste électorale: Il y a un an, Yayi et Nago cadenassaient la Lépi, l’U.N contre attaquait….en vain

 

Ce jeudi 10 mai 2012, l’Union fait la Nation par la voix de Kolawolé Idji a lancé un appel aux membres des organes dirigeants de l’Assemblée nationale en vue de  trouver les voies et moyens urgents pour corriger la Lépi. Cette réaction face aux dangers qui guettent les prochaines élections communales et locales, n’est pas sans rappeler la contre attaque de cette alliance politique suite à “l’entente” entre Yayi et Nago pour cadenasser la Lépi en l’état malgré ses imperfections. Regards dans le retroviseur……

Suite à la demande de déclaration d’irrecevabilité de la proposition abrogeant la Lépi de Boni Yayi à Mathurin Nago: Le film de la contre attaque de l’alliance ‘‘ l’Union fait la Nation

La session extraordinaire  demandée par un groupe de députés majoritairement opposés au pouvoir du changement et programmée pour ce 1er mars 2010 n’a pu avoir lieu. Motif : La proposition de loi objet de ladite session extraordinaire a été déclarée irrecevable par le Président Mathurin Nago sur demande du Président de la République le docteur Boni Yayi. Cette situation a appelé une réaction de la part des ténors de l’alliance ‘‘l’Union fait la Nation’’. Voici le film de l’évènement.

Lundi 1er mars 2010. Il est seize heures. Le soleil a chassé les nuages  de son royaume céleste et dicte sa loi aux humains. Les usagers de l’Assemblée nationale n’y échappent pas. La plénière prévue pour 10 heures n’a toujours pas démarré. Quelques députés ” gérés” se promènent dans la cour de l’Assemblée nationale. L’honorable Janvier Yahouédéhou tiré à quatre épingle dans un costume complet bleu nuit en dessous duquel une cravate sombre nouée sur une chemise claire se dirige vers le bâtiment abritant le bureau du Président Edgar Alia, téléphone scotché à l’oreille. Les journalistes parlementaires déambulent dans les couloirs, entrent et sortent des bureaux des présidents des groupes parlementaires ou de commissions. Chacun d’eux veut voir la primeur de l’information expliquant le long retard de la plénière. L’un d’eux apparemment plus futé semble avoir une explication : «  la plénière ne peut avoir lieu, les deux secrétaires parlementaires ne sont pas présents… » lance-t-il.  « Faux », rétorque un de ses confrères : «  je viens d’apercevoir la 2ème secrétaire parlementaire Amysétou Affo Djobo… ». Un 3ème journaliste vient les mettre d’accord : «  la proposition de loi a été déclarée irrecevable… Yayi Boni a écrit à Nago pour lui demander de déclarer la proposition de loi irrecevable » déclare le Directeur régional Ouémé-Plateau du quotidien ‘’ Le Matinal’’ Jean-Christophe Houngbo  appuyé par deux ou trois autres journalistes parlementaires. C’est ainsi que des groupuscules hétérogènes se formèrent pour discuter du sujet. Dans le hall principal menant à la grande salle de l’hémicycle, on peut lire l’ordre du jour sur le tableau d’affichage : « Examen du rapport relatif à la proposition de loi portant abrogation de la loi n° 2009-10 portant organisation du recensement électoral national approfondi ( Rena) et établissement de la liste électorale permanente informatisée (Lépi) ».

C’est justement cette proposition de loi déposée par une quarantaine de  députés appartenant à l’alliance ” l’Union fait la Nation”, au G13 et quelques députés Fcbe remontés contre le pouvoir du changement, qui vient semble-t-il d’être déclarée irrecevable.

Le temps passe, les minutes s’égrènent.

Soudain comme attirés par un appel irrésistible, des journalistes parlementaires qui papotaient sur l’esplanade de l’assemblée nationale, se lèvent comme un seul homme et se dirigent vers la salle de réunion située derrière les bureaux du 1er Questeur de l’Assemblée nationale. Nouvelle ? « L’Union fait la Nation » fait une conférence de presse pour décrier l’action combinée du Président de la République et celle du Président de l’Assemblée nationale. La rumeur se confirme un peu plus tard. Une file de véhicules haut de gamme fait son entrée à l’Assemblée. On voit descendre les présidents  Bruno Amoussou dans un boubou bleu ciel, Adrien Houngbédji de blanc vêtu comme à l’accoutumée, Séfou Fagbohoun dans un costume veste complet couleur marron, Kolawolé Idji habillé d’un  bazin riche couleur verte, Lazare Sèhouéto, Augustin Ahouanvoébla en costume veste, et plusieurs autres députés parmi lesquels, Georges Bada, Gabriel Tchocodo, Dominique Sohounhloué, Désiré Vodounou, Yibatou Sanni Glèlè, Jules Lodjou, Timothée Gbèdiga, Kifouli Kakpo, Louis Valvonou, Jean-Baptiste Edayé, , Raphaël Akotègnon,  Emmanuel  Golou, Sacca Fikara…

Affissou Anonrin, journaliste politique au quotidien la Presse du jour accompagné d’un autre confrère entre dans la salle où doit se tenir la conférence de presse. Une quinzaine de journalistes y avaient déjà pris place. Caméra de télévision, micro de station de radio, appareils enregistreurs des amis de la presse écrite, tout était prêt. Les nouveaux venus constatent que la salle est trop exiguë pour contenir les conférenciers et les journalistes accrédités au Parlement. Une rapide vérification de la disponibilité de la salle polyvalente située à l’arrière cour et beaucoup grande, et voilà tout ce beau monde s’ébranle vers ladite salle et s’installe, patiente en échangeant entre eux. Franck Agbogninou de radio Tokpa, Armel Feraez Directeur de publication du journal ‘‘ Le Projecteur’’, Jean-Christophe Houngbo du Matinal, Véril Takin et Thomase Kpadé du service Communication de l’Assemblée nationale discutent sur le fondement de la lettre de Boni Yayi. Les textes du Règlement intérieur de l’Assemblée, de la Constitution du 11 décembre 1990 mis à contribution, n’ont pu les départager véritablement. Le débat s’estompe de lui-même.

Le temps passe et les heures se succèdent

L’exaltante attente devient morne. La patience céda la place à l’ennui. Un à un les journalistes se levèrent et quittèrent la salle sans aller trop loin. Ceux qui ont des ordinateurs portatifs, comme Karim Anonrin du journal Fraternité, Léonel Ebo du Matin, Charles Kpakoun de La Tribune de la Capitale, Thibaut Nagnonhou du quotidien public La Nation jettent leur dévolu sur leur clavier. Ils en étaient là quand les députés Lazare Sèhouéto et Jules Lodjou entrent dans la salle pour demander aux journalistes de patienter encore un peu : «  Nous voulons faire les choses comme cela se fait dans une République. Les anciens présidents de l’Assemblée nationale qui sont parmi nous, ont jugé bon d’aller s’entretenir avec l’actuel président de l’Assemblée pour lui expliquer un certain nombre de choses… ». Près d’une heure après cette explication, les ténors de ‘‘ L’Union fait la Nation” s’annoncent. Tandis que le député Ahouanvoébla préparait le présidium,  son collègue Désiré Vodounou demande de ranger les fils électriques des chargeurs des ordinateurs portatifs qui traînaient. C’était pour permettre à la Présidente Rosine Soglo de marcher aisément vers la place à elle réservée. Pour mémoire, l’opération chirurgicale de son œil, au début des années 90 malgré les agissements d’un certain député Albert Tévoèdjrè, n’a jusque-là pas été un succès. La vue de la dame de fer s’est sérieusement affaiblie. Elle alla s’assoit cahin-caha. Les présidents Bruno Amoussou, Adrien Houngbédji, Séfou Fagbohoun, Lazare Sèhouéto, Kolawolé Idji l’ont suivie à la table des conférenciers. C’est ce dernier qui planta le décor :

«  Vous êtes venus comme nous pour la plénière consacrée à l’examen du rapport relatif à la proposition de loi portant abrogation de la loi n° 2009-10 portant organisation du recensement électoral national approfondi ( Rena) et établissement de la liste électorale permanente informatisée (Lépi). Mais rien ne s’est passé comme prévu et nous nous devons de comprendre et d’expliquer à l’opinion publique ce qui s’est passé… Je vais laisser le Président Bruno Amoussou vous expliquer pourquoi la plénière n’a pas commencé jusque-là… ».

Le président du Bureau Exécutif de l’U.N prit la parole et fait remarquer que la correspondance du Chef de l’Etat demandant au président Mathurin Nago de déclarer irrecevable la proposition de loi abrogeant la Lépi est maladroite, et juridiquement inacceptable. C’est évoquant les articles 74.4 et 74.6 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale en combinaison avec l’article 98 de la Constitution que le président Bruno Amoussou a montré que la proposition de loi abrogeant la Lépi est recevable d’abord parce qu’étant du domaine de la loi et ensuite parce que le Président Nago l’a reconnue telle en l’appelant en plénière et en la confiant à une commission permanente qui l’a examinée et a produit un rapport. La démonstration se poursuit dans une longue rhétorique.

Après avoir répondu à deux ou trois questions des journalistes, les conférenciers se lèvent et saluent les journalistes en sortant. L’un d’eux fait remarquer au Président Houngbédji que la presse n’a pas la lettre de Boni Yayi à Mathurin Nago. Le président Houngbédji lui tendit l’exemplaire qu’il avait sur lui dans une chemise dossier jaune et demande aux députés qui le suivaient de faire ne sorte que les journalistes rentrent en possession de la fameuse correspondance. Kolawolé Idji qui vient à cet instant, lança comme amuser le journaliste qui a demandé la lettre de Yayi : «  On est ensemble…toi-même tu sais… ».

Par Francis Z. OKOYA

 

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OKOYA F.

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