Rapport d’activités de Mathurin Nago : Intégralité des félicitations et réserves des députés

 

S’il est vrai que le rapport d’activités du Président Mathurin Nago est passé avec 64 voix pour, il n’en demeure pas moins vrai que des critiques assez constructives ont été dites sur ce rapport. La question de la gestion des missions à l’étranger, la disponibilité du président pour ses collègues députés, le strict respect des dispositions de l’article 21 du Règlement Intérieur, le contrôle effectif de l’action gouvernementale… sont autant de points soulevés et qui sont allés à l’encontre des félicitations béates des uns et des autres.

Voici les propos de quelques députés lors des débats de ce jeudi 10 mai 2012.

Francis Z. OKOYA

 

Député Honorable Malèhossou (majorité parlementaire)

« Je voudrais vous féliciter pour l’effort que vous vous faites pour gérer notre parlement. Il reste des choses à corriger M. le président. Je voudrais parler de votre disponibilité. Vous ne recevez pas souvent les députés or parfois nous avons besoin d’échanger avec vous sur des problèmes qui nous préoccupent. Bientôt un  an, j’ai demandé à vous rencontrer et vous m’aviez promis cela mais jusque là rien n’a été fait. Je vous suggère de programmer le jour où vous allez rencontrer vos députés. Ensuite l’organisation des missions des députés à l’étranger, il faut faire en sorte que tous les députés bénéficient de ces missions de façon équitable.  Au cours de la cinquième mandature, j’ai été une seule fois à Bamako, et pourtant il y a des gens qui y sont allés plusieurs fois. En ce qui nous concerne, nous les députés, nous devons abandonner les propos malveillants, ont la médisance, la calomnie et surtout les ‘’Ont dits’’ mère de la rumeur. Généralement, ce phénomène désigné par les ‘’ont dits’’, naît tantôt du soupçon, tantôt du mensonge et il amène des démêlés graves et survient après la rancœur  voire la haine et ne prédispose qu’à s’occuper des futilités, chose qui bloque les opportunités favorables. L’homme prononce certainement un mot sans réfléchir et ce mot le fait glisser dans le feu plus loin que la distance qui sépare l’Orient de l’Occident »

Député Nazaire Sado (majorité parlementaire)

« Il y a au total  75  missions  à l’extérieur, 37 députés y ont participé. Cela veut dire qu’un député a effectué plus de deux missions. Donc il faut veiller à ce que les choses soient équilibrées et plus équitables prochainement puisque nous sommes en politique. En ce qui concerne le taux de traitement des dossiers affectés aux commissions, il y a le taux de traitement de 56% qui est le taux moyen des dossiers affectés aux commissions. Mais il n’y a  pas le taux de traitement pour chaque commission. Je voudrais vous suggérer de nous faire savoir le taux de traitement de chaque commission.  Pour la participation des députés, j’ai remarqué   comme dans l’autre rapport que le taux de participation moyenne des députés, n’est pas spécifié dans le rapport. Il est important que l’on ai ce taux de participation moyen pour le comparer chaque fois aux périodes précédentes pour mieux analyser la participation des députés. Tout à l’heure en finissant votre présentation vous avez dit qu’il y a 60 lois qui sont votées au cours des ‘’ un an ‘’ qu’on vient de faire pour cette législature. C’est bien, mais je crois qu’on peut approfondir l’analyse en se demandant la ou les lois qui ont impact direct ou immédiat sur la réduction de la pauvreté. C’est important pour nous parce que quand je vois  la session sous- revue, je constate qu’il y a 28 lois qui sont votées et parmi ces mois, il n’y  a que  quatre autorisations    de ratifications qui ont té données et qui concernent les vrais problèmes de nos populations. Je ne dis pas que les autres lois ne sont utiles pour nous mais dans l’immédiat, c’est ce j’ai constaté. Il faut que prochainement, on fasse ce distinguo pour faciliter plus l’analyse du rapport »

Député Epiphane Quenum (majorité parlementaire)

« …Je voudrais tout simplement dit qu’à l’instar de maman que le rapport est bien aussi bien dans les détails que dans le fonds. M. le président, à votre absence, nous avons évoqué la question du respect des procédures législatives. Et j’y suis gêné que lorsqu’on évoque des questions de démocratie très importantes  pour le bon fonctionnement du parlement, les gens pensent que ce sont des diables, que ce sont eux qui troublent et qui voient la tête du président etc. Je pense qu’il y a ici dans notre salle, ceux qui veulent le respect de la procédure législative, du règlement intérieur et ceux qui sont venus jouer aux ‘’béni oui – oui’’. Que ces derniers laissent ceux qui veulent travailler faire avancer notre démocratie et ceux qui veulent que notre parlement soit à l’image des parlements véritablement démocratiques et opérationnels faire le travail. Je  voudrais également dire que lorsque nous évoquions l’article 21 qui voudrait que puissiez présenter votre rapport au début d’une nouvelle session et bien il y a des interprétations qui me paraissent malicieuses car lorsque nous disons qu’il faut qu’à chaque début de séance, le compte rendu de la séance dernière soit présenté, je n’ai jamais vu le parlement démarrer et que ça soit à la fin ou bien au milieu qu’on nous lise le compte – rendu. Mais pourquoi alors lorsqu’il est dit que c’est au début de chaque session que vous devez présenter votre rapport, on déroge à cela et que c’est présenté après et là on entend des interprétations qui sortent totalement de l’entendement parfois selon mon point de vue. C’est ce que je j’aimerais dire contrairement au compte – rendu que ayez reçu. Je suis pour le respect des procédures législatives… »

Député El Hadj Issa Azizou (majorité parlementaire)

« Je ne peux m’empêcher de vous féliciter pour la richesse des informations qu’on a eues ce matin. J’ai deux petites observations pour qu’on puisse améliorer. En ce qui concerne l’annexe1 à la page 2, il y a un jour de mission à l’extérieures qui a été omis. J’ai écouté 75 missions lorsqu’on met tous les députés ensembles pour les missions à l’extérieure. Je voudrais qu’on gagne un peu en y ajoutant la notion d’un jour en thème de mission à l’extérieure. A l’extérieur du pays, près des députés, cela pourrait nous  aider pour un certain nombre de statistique »

Député Nourénou Atchadé (majorité parlementaire)

« Je me joins aux députés qui m’ont précédé pour vous féliciter pour le rapport. M. le président j’ai une seule préoccupation par rapport à la première intervention de mon collègue Fagnon. Vous avez rappelé qu’au titre de l’article 113 de la constitution  que nous avons comme prérogative importante le contrôle de l’action gouvernementale. M. le président, il se fait que cette prérogative, nous les députés, nous nous plaignons tous les jours que Dieu fait  que nous ne l’assumons pas comme il le faut.  Je me rappelle que nous avions dit que nous allons que consacrer les jeudis pour les questions du gouvernement. Alors il se trouve que parfois  les jeudis, on programme d’autres points à l’ordre du jour et viennent annuler les questions du gouvernement. Je voudrais M. le président que vous preniez en compte ces observations pour que prochainement, qu’il soit véritablement inscrit les jeudis les questions  au gouvernement pour qu’on puisse véritablement contrôler l’action du gouvernement… »

Député Zéphirin Kindjanhoundé (majorité parlementaire)

« Je me dois de vous féliciter pour la clarté du document dont vous nous soumettez l’adoption. Cependant, je pense que les occasions du genre sont rares. C’est d’ailleurs pour cela que le législateur a prévu ces séances  au cours desquelles vous présentez te vous nous laissez le temps de faire des observations, des suggestions   et au besoin des critiques. Je joins ma voix  à celle de l’honorable Malèhossou qui disait que vous n’accordez d’audience à tous les députés comme il se doit et de façon équitable. M. le président, lorsqu’on sait qu’il n’y a rien de la gestion  des hommes, on doit  quand même savoir, par voix de conséquence comment s’y prendre. Malheureusement, nous notons certains d’entre nous sous la sixième législature qu’il vous est subitement devenu sélectif. C’est dommage. Aussi bien du point d’accord d’audience, aussi bien du point de vue mission à l’étranger, essayez de nous convaincre. Moi je ne suis pas convaincu. Soixante  quinze missions  en thème de mission, ça traine.  Nous sommes l’institution qui est par essence celle qui appelées  à nous  soucier plus du quotidien de nos mandants. C’est dans cette optique qu’au mois de Septembre 2008, j’ai eu à déposer sur votre table M. le président, une proposition de loi sur la réforme foncière. C’est un secret de polichinelle que bon nombre de Béninois vivent le calvaire. Il  va falloir que l’assemblée dont vous êtes le premier responsable se penche sur cette question. Il y  a des pétitions que nous avons reçues auxquelles nous n’avons pas donné une suite favorable. Des gens qui, parfois sont déjà à la retraite et on va casser leur maison. M. le président ça me fait mal,  ça nous fait mal et une fois encore vous aviez été sélectifs parce qu’on nous fait voter signer des lois bien signées »

 Député Daouda Takpara (majorité parlementaire) 

« Je voudrais vous féliciter pour la qualité de votre rapport et pour la manière dont ça été présenté. Je profite de l’occasion pour féliciter les commissions qui ont travaillé tout au long de cette session. Je voudrais souhaiter que nous nous améliorions pour qu’à la fin, la sixième législature soir la meilleure. J’aimerais aussi souhaiter  que l’ambiance qui a régné depuis le début de la législature perdure  et que nous ayons un cadre agréable de travail »

Député Sofiath Schanou (majorité parlementaire)

 « Tout comme les autres je tiens à vous féliciter et à nous féliciter pour le travail abattu parce qu’il faut le reconnaître, pendant la période on a pu voter 32 lois. C’est très bien mais dans l’avenir on fera beaucoup mieux. Ce que j’ai constat, c’est ce qu’à chaque présentation de  rapport, il y a toujours amélioration. Ça veut dire que vous vous efforcez à donner une bonne image de l’institution que vous représentez. Mais M. le président, il y un hic. Je crois que notre institution n’est pas bien visible. Donc il nous faut faire davantage. Il faut être un peu plus présent sur le terrain et être vraiment très proche de la population de nos mandats. Il faut être sur le terrain comme si c’était une campagne d’évangélisation très proche de la population. L’autre chose qui me dérange, c’est du côté de notre administration. Certes, on dit que l’erreur est humaine mais ils en font trop. Je peux vous dire  que pour un seul document    qu’on nous a donné, il y a eu des corrections, je ne sais pas combien de fois. Je voudrais vous demander de veiller  ce que dans l’avenir, avant qu’on nous les serve, il faudra  qu’ils soient bien cuisinés »

Député Nicaise Fagnon (majorité parlementaire)

« …Je voudrais vous féliciter pour la clarté du rapport. Mais pour ma part, le rapport dénote  une  insuffisance notoire. Cette insuffisance est liée au contrôle parlementaire de l’action gouvernementale. Notre fonction, elle est représentative mais elle est aussi du contrôle de l’action gouvernementale et elle est aussi de légiférer et je crois que le rapport doit être autour de ces trois points. M. le président, je me dirigerai toujours  sur cet aspect du contrôle qui fait que nous disons parce que nous sommes membres  de la majorité, on ne doit plus contrôler l’action en ce sens que je vous rappelle, nous avons eu le temps serré ; nous avons été obligés de poser une question orale avec débats parce que le groupe de la banque africaine de développement  a annulé un montant d’environ 13 milliards de francs CFA, la ligne de crédit éducation 4 destinée aux lycées  agricoles de Djougou et Lycée commerciale à Azovè, des salles de classes et douze salles informatiques concernant douze lycées et collèges et j’en passe. Ça, c’est un taux de 0,75% remboursable en 50 ans. Après celle de voter des lois, des autorisations de ratification et de ne pas inclure même dans le fonctionnement de l’assemblée, l’obligation de s’assurer comment est- ce que la mise en œuvre est faite, la mise en vigueur, les conditions  aux décaissements, les conditions préalables, les conditions d’annulation, est- ce que nous avons travaillé. Et parce qu’on est membre d’une équipe on ne veut pas vraiment le faire parce que on a mal  du président de la république car c’est lui qui est la tête de vérifier si une autorisation de ratification a été donnée. Nous faisons du mal aux populations que nous sommes censés    représenter. Voilà pourquoi, M. le président, je souhaite et je demande que nous prenions résolument l’engagement d’inscrire la nécessité de revisiter toutes les lois portant autorisations de ratification pour prévenir, pour nous assurer que le mise en vigueur est requise et prévenir toute annulation ultérieure qui est fatale pour notre pays, les ressources étant rare. Deuxième point de mon intervention a été abordé par l’honorable Quenum. Mais je reviendrai toujours sur ça. M. le président, je crois que   nous devons régler une fois pour toute cette question de présentation de rapport au début de la session. Le début ne doit pas être la fin du début ni le milieu du début, ça doit être le début. Et le   début ne doit pas être mis à la cérémonie solennelle de l’ouverture de la session. A mon avis, si vous en êtes convenez, ç doit être la première session qui suit l’ouverture solennelle de la session concernée… »

Député Djibril Mama Débourou (majorité parlementaire)

«…Le temps fort de votre rapport, c’est le petit paragraphe concernant les missions. Je  voudrais illustrer cette affirmation  par deux points. A la quatrième législature, un quotidien  s’est amusé pour     à  quelques mois avant la fin de la législature, à publier les noms des députés qui n’ont pas effectué une seule mission. M. le président, je faisais parti de ces 25 députés qui n’ont pas effectué une seule mission.  La deuxième illustration concerne la troisième législature.  J’avais été choisi avec un certain nombre de collègues pour aller en mission en Angleterre   et dans le lot, il y avait un député qui n’a jamais vu l’intérieur d’un avion. Alors il était si fébrile qu’en une semaine, il m’a appelé 50 fois pour poser des questions diverses. Et au bout des comptes, la mission a été annulée. Le collègue a eu une crise d’hypertension. Quand on se rappelle de ces événements, on doit allouer, au bout d’une année l’effort qui fait et nous a été présenté. Vous avez dit qu’il y a plusieurs sortes de missions. Il y a des missions statutaires, des missions d’indications, des missions personnelles des organites qui invitent les députés. Quand ont met tout ça ensemble, il ne reste plus grandes choses pour le reste des députés. Et c’est pourquoi, je voudrais que nous saluions cet effort et pour moi c’est le point fort de ce rapport.  Si je dis le diable est dans les détails mais l’important est également dans les détails »

Député Gabriel Tchocodo (opposition parlementaire)

«…Vous êtes le président de 82 députés et je fais partie de ces 82 députés. A  ce titre, je souhaite qu’il me soit possible de pouvoir m’entretenir avec vous en  cas de problèmes. Bien entendu, je ne perds pas de vue l’importance de vos charges.  Mais autant je reconnais cette importance, autant je n’arrive pas à comprendre pourquoi je ne peux pas rencontrer mon président et m’entretenir avec lui soit sur des questions touchant à notre institution, soit sur des problèmes personnels. Je joins ma voix à celle de mon collègue Maléhossou pour dire que vous n’êtes pas disponible de recevoir vos collègues députés.., »

Député Eric Houndété (opposition parlementaire)

« …Je voudrais avant propos constater qu’en ce concerne la gestion du temps de paroles, le bureau et vous-même avez fait un effort que je salue. Il est évident qu’en ce concerne le contrôle parlementaire, notre Parlement est défaillant. Le flux de questions posées ne trouve pas de cadre de réponse. Combien y a-t-il aujourd’hui de questions en attente ? Nous avons eu droit dans cet hémicycle à une communication du gouvernement sur les réformes portuaires. Pendant de longues minutes, le gouvernement nous a exposé ces réformes. Chacun de nous constate que le gouvernement a décidé de tourner lui-même le dos aux réformes qu’il a entamé en mettant les pieds dans toutes les boues. Quelle est la responsabilité de notre Parlement ? Mais avant cela, quel est le respect qui est dû à notre Parlement ? Qu’est ce que nous voulons ? (…) Je voudrais saisir cette opportunité pour en appeler au sens de responsabilité et au sens patriotique de chacun d’entre nous. Si nous ne faisons rien, nous constaterons que nous sommes un Parlement non efficient, inefficace et inutile (…) Beaucoup des propositions de lois que vous avez statué ont eu pour objectif, de satisfaire les envies d’un gouvernement, d’étouffer les intérêts des travailleurs. Et je trouve qu’il est important de revenir là-dessus. La fameuse révision de la Constitution. Vous ne l’avez pas bien évoquée dans votre rapport parce que le projet a été retiré. C’est cette période qui a consacré la tentative d’adoption d’une révision constitutionnelle dans la clandestinité. Il est important de saluer la levée de bouclier de vos collègues députés qui ont mis fin à cette aventure là… »

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OKOYA F.

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