Sacca Fikara à propos de la Situation socio-économique nationale critique : « … Dans tous les pays où des voix ne disent pas halte, ces pays sombrent… »

Délocaliser l’action politique menée au niveau des états-majors à Porto-Novo ou à Cotonou pour expliquer aux populations comment on en est arrivé à la situation critique que traverse le pays depuis quelques temps. Voilà comment le député Sacca Fikara a justifié le contexte de la conférence publique qu’il a organisée ce jeudi 26 juillet 2012 à Dangbo.

Francis Z. OKOYA

La situation au Port Autonome Cotonou, les problèmes du coton, ceux du palmier à huile, le régionalisme dans l’administration publique, les mesures à prendre pour contrecarrer les inondations qui s’annoncent et le lotissement à Dangbo sont les principaux points abordés au cours de cette conférence que le député de l’Union fait la Nation a animé avec à ses côtés le maire Clément Gnonlonfoun, et quelques cadres de son parti, le Mds. Mais avant de les aborder, le député Sacca Fikara a laissé entendre ceci : «  Nous sommes à la fin, la révolte qui grogne dans le pays devient insupportable. Mais je voudrais que quand ça va éclater, que des voix puissent témoigner qu’il y avait des gens qui ont dénoncé cela en son temps…Dans tous les pays où des voix ne s’élèvent pas, où des voix ne disent pas halte, ces pays sombrent… ».

 La situation du Port autonome de Cotonou

Pour Sacca Fikara, tous les gouvernements successifs depuis 1960 ont porté une attention particulière au Port Autonome de Cotonou parce que justement il est au centre des recettes fiscales. Mais le conférencier fait remarquer que ce port est malheureusement devenu un objet de règlement de compte. «…j’ai vu faire le Pvi au Ghana depuis 1989 et ça jamais posé de problème jusqu’aujourd’hui. Pourquoi le gouvernement nous a dit hier que le Pvi est bon au point d’avoir créer une loi spéciale pour empêcher les douaniers d’aller en grève et aujourd’hui, le même gouvernement nous dit que le Pvi n’est plus bien, prend des mesures qui font fuir tout le monde. On a chassé tout le monde. Le Burkina-Faso construit son espace portuaire en Guinée, le Niger est entrain d’opter pour le Togo. La situation est pire qu’en 1989…. ».

 La question du coton

Abordant la situation du coton, le député Sacca Fikara s’étonne que malgré toutes les compétences agricoles qui entourent le Chef que malgré toutes les compétences agricoles qui entourent le Chef de l’Etat, le coton soit tombé si bas. « …C’est étonnant que ça soit la seule volonté, la seule intelligence de Boni Yayi qui nous dirige dans ce secteur. Tous ceux qui entourent le Chef de l’Etat savent que le coton est la seule filière organisée au Bénin et dans ce secteur tout est chronométré, tout suit un ordre. Mais comment ces conseillers ont pu accepter qu’on arrive là. Comment se fait-il qu’on va demander aux paysans d’emblaver quatre cent mille ou cinq cent mille hectares et c’est après qu’on va faire la guerre pour réquisitionner les intrants, on va emprunter cent quinze milliards de francs Cfa pour distribuer aux intrants, on se promène au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Burkina-Faso pour chercher des engrais, des insecticides… Je suppose que ce que l’on reproche à l’Aic, au Sdi est vrai, mais pourquoi ne pas patienter, reporter les fautes sur les mêmes personnes et attendre la fin de la campagne cotonnière pour corriger. Les paysans ont tous perdu, ils ont perdu leur semence, ils se sont endettés… tout l’argent que le gouvernement a emprunté, c’est dans les indemnités et les frais de mission que ça va finir et c’est nous qui allons payer…. ».

 Les autres sujets abordés

Le conférencier du jour  a abordé d’autres sujets d’importance notamment le palmier à huile, le régionalisme ambiant. A propos de ce dernier, Sacca Fikara a laissé entendre que l’administration, les concours d’entrée dans la fonction publique dans les secteurs de l’armée, la gendarmerie, la douane… sont minés par des choix régionalistes. Il rappellera les propos de Galiou Soglo, ancien ministre de Boni Yayi  qui a estimé que le mal a atteint un niveau jamais égalé au Bénin. La position des syndicalistes du ministère des Finances qui dénoncent le flou orchestré autour du concours de recrutement programmé pour ce samedi dans leur département est venu conforter l’avis de Sacca  Fikara qui estime que les admis sont connus avant la tenue même du concours. «  Nous faisons de l’opposition politique à Boni Yayi mais il s’attaquent à nos progénitures. Depuis quand nos enfants sont devenus si tarés ?… » s’est demandé le député de l’U.N. il finira sa conférence de presse en lançant un appel aux maires  et aux autorités de tutelle afin qu’ils prennent des mesures pour prévenir les inondations qui s’annoncent dans le Sud avec les fortes pluies enregistrées au nord du Bénin.

Francis Z. OKOYA

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