Troublantes révélations sur le chantier du siège du Parlement : « … Tous ceux qui ont signé les marchés se sont éclipsés… »

Le projet de construction du nouveau siège de l’Assemblée Nationale ne cesse de nourrir des polémiques au point de semer le doute quant à l’achèvement des travaux. Des hommes des médias ont décidé de rencontrer les acteurs concernés par ce dossier. Le patron de l’entreprise des gros œuvres AbdelKader Moustaïb est le premier approché pour éclairer l’opinion publique sur la question. Lisez cet entretien qui permet de savoir sur certains points d’ombre du dossier et qui révèlent d’autres  aspects jusque-là inconnus du public.

M. le PDG que se passe-t-il réellement sur le chantier de construction du nouveau siège de l’Assemblée Nationale dont vous êtes l’un des acteurs ? 

Merci messieurs les journalistes pour votre curiosité. Je crois bien que si vous avez décidé de vous rapprocher de notre entreprise, c’est certainement pour avoir un autre son de cloche au regard de tout ce qui se dit sur le sujet. Pour répondre à votre question, je dois rappeler d’abord
qu’il s’agit d’un chantier dont l’exécution est répartie en onze(11) lots. Nous avons au niveau du Groupement des Entreprises Emcr(GEE) obtenu deux lots. Aujourd’hui, nous sommes à 98% de l’achèvement du premier lot s’agissant des gros œuvres. Ensuite, il y aura le revêtement.  Voilà ce qui se passe pour ce qui nous concerne sur ce chantier.

En fait, le constat aujourd’hui est que l’on sent de l’abandon au niveau du chantier. L’on a tendance à croire que les autres entrepreneurs vous attendent pour commencer la part qui leur revient. C’est du moins ce que d’aucuns pensent. Qu’en dites-vous ?

 Je ne crois pas que ces propos soient recueillis de personnes
averties. Comme je l’ai dit tout à l’heure, nous sommes déjà à 98% des gros œuvres pour ne pas déclarer immédiatement que les quantités prévues sur le marché initial sont déjà largement dépassées. Vous devez comprendre par là qu’à ce niveau déjà, les autres entreprises qui sont concernées par les autres lots doivent commencer par travailler sur le chantier. Si ce n’est pas le cas, cela ne revient pas à moi de le confirmer ou d’argumenter ! Mon entreprise ne doit être perçue comme étant parmi celle-là qui bloquent ou qui ne travaillent pas sur le chantier. Mais il faut avouer que le système est effectivement bloqué ou fonctionne mal. Le pilotage est presque aujourd’hui inexistant au point ou on ne voit plus les cadres chargés
de coordonner les choses sur le chantier. Aujourd’hui tous ceux  qui ont signé les marchés se sont éclipsés pour fuir les responsabilités et parmi tous ces acteurs seule l’agence de la réhabilitation de PORTO NOVO reste la mémoire de ce projet. Les architectes et autres techniciens sont désormais introuvables. Il y en qui ont décidé d’abandonner la mission pour des raisons que nous ignorons pour aller s’installer ailleurs et autres qui ont préféré gérer à distance. Si vous passez sur le chantier aujourd’hui, c’est des stagiaires sans aucune expérience qui y marquent la présence de techniciens parmi lesquels ils ont placé leurs sous traitants. C’est vraiment dommage. Si le projet est à ce niveau actuellement, malgré toutes les difficultés que nous rencontrons depuis son démarrage, c’est à cause du défi que nous nous sommes lancés. Et nous n’en sommes plus loin.

Vous avez parlé de difficultés  rencontrées or de l’autre côté, l’on tente de faire croire que vous avez accusé de sérieux retards sur le chantier. Que répondez-vous ?

 Je crois que ce n’est pas encore le moment de parler réellement de certains problèmes. Tout d’abord, mon souci et ma préoccupation sont de finir mon lot et au moment opportun, vous aurez assez d’informations. Ce que je peux vous dire à propos pour l’instant, il s’agit en réalité d’un projet mal élaboré depuis sa naissance et qu’il faut reconnaître aussi le manque d’expérience dans la gestion de pareils projets. Depuis le démarrage des travaux, je n’ai jamais cessé d’attirer l’intention de tous les acteurs en charge de la coordination et du pilotage du projet sur certains comportements qui allaient contribuer à l’échec de leur mission. Par ailleurs, je voudrais donner une précision pour nourrir l’opinion de certains et surtout ceux qui font semblant de défendre les intérêts du projet. De Janvier 2009 à Décembre 2010, le taux d’évolution des travaux était de l’ordre de 82% et de Janvier 2011 à la date d’aujourd’hui on est à 98% c’est-à-dire 16% en 18 mois. Donc posez vous la question pourquoi ? Moi, je peux vous donner les raisons, tout simplement par ce qu’à chaque fois qu’il y a de nouveaux acteurs, chacun essaie d’imposer ses règles ou veut faire justifier sa présence sans se soucier de la notion du temps ou parce qu’il a cru que les prédécesseurs se sont bien enrichis comme tous les lots ont été attribués. Si nous avions résisté jusqu’à ce jour, c’est parce que nous sommes animés de la volonté de mieux faire. Il s’agit d’une œuvre de grande portée. Les gens avaient fait de fausses études et estimations et l’on est obligé d’augmenter la masse des travaux au mépris de l’entreprise. Il y a beaucoup de choses qui n’avaient pas été prises en compte et qu’on veut tout mettre sur le dos de l’entreprise pour camoufler les incompétences de certains. Aujourd’hui, l’entreprise continue par faire des concessions dans l’intérêt du projet mais Rassurez-vous, nous aurons le temps de répondre à tous ce qui sont au frais dans leur bureaux et qui parlent comme s’ils maitrisaient quelque chose. Ils n’ont qu’à sortir et descendre sur le site pour mieux s’informer et chercher à comprendre  avant de commenter. En tous les cas, une expertise est en cours d’élaboration pour faire la lumière et nous vous ferons savoir après les conclusions. Si la j’ai décidé de continuer malgré un certain nombre de choses, c’est du fait de la considération que j’ai pour  l’institution parlementaire et pour le peuple Béninois.

Est-ce que vous rencontré des obstacles lors de l’exécution de v os tâches ?

Certainement et ce depuis le départ : à commencer par les actes de sabotage et qu’il vous souvienne de la chute de notre grande grue sur le chantier et la manipulation de nos ouvriers pour grever, sans compter les complications pour l’obtention de certaines autorisations comme pour le dragage de sable ou les populations se sont soulevés contre nous  etc….

 Moi je ne suis qu’un opérateur économique et je ne suis pas politicien et il faut que les gens nous laissent travailler.

Dans mon entreprise se sont les Béninois qui y travaillent et sur trois cents employés, il n’y a que deux étrangers

Est-ce à dire que vous allez bientôt partir du Bénin vu les
difficultés et les crocs-en-jambes que vous dénoncés dans l’exécution
de ce marché ?
Non, contrairement à ce que pensent beaucoup de gens malintentionnés, le Bénin est une terre d’accueil et je pense qu’il serait un peu difficile pour nous de quitter comme ça sur un coup de colère surtout que j’ai eu faire de lourds investissements déjà consentis dans le pays et les nombreux chantiers que nous exécutons actuellement. Aujourd’hui, nous considérons le Bénin comme notre deuxième nation mais c’est la méchanceté de certains qui pose problème à des moments donnés.

  Le Ministre a affirmé sur un chantier qu’il regrette le fait que le chantier ne soit pas remis aux chinois. Que ces derniers auraient fini depuis. Votre avis.

 Tout d’abord à quel prix et quelles conditions ? Tout d’abord moi je suis mieux placé que quiconque pour recruter des entreprises Chinoises ou internationales Aujourd’hui je m’estime heureux de ne l’a pas avoir fait, on serait tous ridiculisés et humiliés hahaha……….. ! Au départ, j’avais la possibilité d’engager des entreprises chinoises sur le chantier et j’ai été abordé par plusieurs en ce sens. Mais si je ne l’ai pas fait, c’est pour plusieurs raisons. A commencer par l’emploi de la main d’œuvre local. Nous avons décidé à notre niveau de travailler avec les manœuvres locaux à plus de 99,98 % avec de bons traitements Aujourd’hui, mes ouvriers ont du mal à travailler ailleurs. Ajouter à cela le nombre de fournisseurs qui ont travaillé sur ce chantier, les prestataires, les banques de la place et autre En ce qui concerne, une entreprise chinoise qui opère sur un chantier, quand elle a un chantier, elle ne reçoit pas la visite de n’importe qui et n’est jamais assujetti à un contrôle ou même pas la présence de techniciens, d’architectes et autres qui, pour la plupart du temps sont là pour vous retarder et proposer des systèmes qui sont en déphasage avec la réalité. Ils viennent avec leurs sous. Ils ne parlent avec personne et sont libres de travailler. Et surtout, ils n’ont pas besoin d’attendre trois mois avant d’établir un décompte. Aujourd’hui certains peuvent parler, j’appelle cela de l’hypocrisie et de l’ingratitude. Après tous les sacrifices sur ce chantier ! Aujourd’hui, on est récompensé en monnaie de singe. Mais la nature et le temps parleront bientôt

Vous aviez parlé au début du chantier de construction d’un Complexe hôtelier à Porto-Novo. Là aussi, on aimerait savoir ce qui bloque l’avancée des travaux.

 Sans être acteur de la vie publique au Bénin, je crois savoir que le projet dont il est question se trouve être l’un des chantiers mis en œuvre par le président de la république dans le cadre de la modernisation de la ville de Porto-Novo. Cette ambition du président de la république a été d’ailleurs les raisons qui nous ont poussé à penser et entreprendre grâce à des partenaires financiers libyens, la construction d’un complexe hôtelier de haut standing dans cette ville. Concernant ce chantier, je l’ai initié pour accompagner le gouvernement dans le cadre de l’organisation de la fête du cinquantenaire à Porto-Novo en 2010. C’était partit pour s’achever avant cette date. Malheureusement, cela n’a plus été le cas. Étant donné que les partenaires, à un moment donné ce sont éclipsés où j’ai dû engager mes propres moyens pour continuer. Aujourd’hui, le promoteur reste devoir de gros sous à l’entreprise. Il faut surtout ajouter que la malheureuse histoire politique libyenne est venue après compliquer les choses au point nous en sommes là jusqu’à présent. Si les gens veulent s’informer, ils n’ont qu’à se rapprocher de l’ambassade de la Libye. Toutes les informations sont là.

Vous avez un dernier mot pour conclure cet entretien ?
Juste pour réitérer l’engagement du GEE d’accompagner les politiques de modernisation du Bénin. Nous ne sommes pas l’instrument de blocage des travaux sur le chantier de l’Assemblée Nationale. Nous sommes au contraire les grandes victimes mais malgré toutes ces difficultés, nous sommes engagés à finir. Seulement, je voudrais attirer l’intention des décideurs de revoir les conditions et les raisons qui ont retardé l’avancement de ce projet pour s’imprégner d’avantage de la réalité sur le terrain. Si certains individus ont des arrières pensées ou de mauvaises intentions ou qui sont arrivés en retard, ils n’ont que nous demander des éclaircissements depuis la genèse du projet, les écrits sont là, ils n’ont qu’à analyser eux même et nous sommes prêts à répondre devant toutes les juridictions compétentes pour fournir plus de détails et qu’ils sachent que seule GEE reste la mémoire de ce projet

Réalisé par Jean-Marc Aurèle AGOSSOU

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OKOYA F.

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