« Yayi show » de Arimi Choubadé

 

« Yayi show » de Arimi Choubadé

Le docteur-président au sommet de son art, le samedi 29 janvier 2011. Sa supposée revanche sur Houngbédji à portée de main puisqu’il comme lui, le 18 décembre 2010, il tient en face ses
dizaines de milliers d’applaudisseurs à son discours d’acceptation de candidature. Un dénouement issu d’une saga médiatique démarrée sur des chapeaux de roue une semaine plus tôt. Tout est
parti de ce spectaculaire emballement sur les écrans de la chaine nationale au retour du week-end ; les prémices d’une nouvelle version du « Yayi show » : des liseurs de
motions, guignols politiques, rabatteurs et autres courtisans du régime lancés dans une vaste opération de suscitation de la candidature pour un rempilage du docteur-président-plus-que-Dieu.
Contrairement, au candidat unique de l’Union fait la nation dont le choix s’est opéré à la suite d’un long processus et d’un consensus laborieux, l’indexation de Yayi s’est plutôt fait par le
truchement d’une curieuse clameur populiste synchronisée. Plusieurs, mouvements, associations, têtes couronnées, personnalités et partis ethniques ont eu, tous, en l’espace de 24 heures, la
même inspiration de demander au chef de l’Etat d’être candidat, sous les objectifs des caméras. De la spontanéité émergente sur fond de manipulation sonnante et trébuchante, en pleine
démonstration.

Avant le jour J même, le président-candidat s’est offert, la vieille, une impressionnante entrée en matière de feu et de puissance ; une parade militaire venue de nulle part, une journée
chômée et payée inédite au frais de la princesse (4 milliards de perdu pour le trésor public selon l’honorable André Dassoundo). Une halte nécessaire destinée à faire convoyer par bus et par
camion des applaudisseurs inconditionnels depuis Bembèrèkè (plus de 600 km de Cotonou), Tchaourou (400 km), Savè (300 km) et d’ailleurs. La représentation elle-même, ubuesque, fait apparaitre
un président-candidat sur une estrade avec en arrière plan, tout ce que son régime compte de relais à commencer par le président de l’Assemblée nationale, les ministres, les membres du cabinet
présidentiel et surtout l’incontournable première dame que l’on dit dans tous les coups du quinquennat. Un décor de rêve pour lancer définitivement le Yayi show, pratiquement en roue libre.

Admirez la spontanéité présidentielle qui en moins d’une semaine a entendu les esbroufes populistes sensés susciter sa candidature pour la présidentielle de 2011. En une semaine ! Dire
qu’il a fallu plusieurs mois pour que le chef de l’Etat se rende compte que le conseil des ministres a autorisé le décaissement de plusieurs milliards pour la réalisation de Centre
international de conférence et le Palais des congrès de Cotonou. Il a fallu plusieurs semaines avant que le chef de l’Etat ne soit informé de la disparition de Pierre Urbain Dangnivo, malgré
les grèves au ministère des Finances à cet effet. Plus de quatre ans pour qu’il s’aperçoive que des gens qui finançaient ces campagnes de propagande, qu’il avait lui-même reçu avec faste à la
présidence de la République, à qui il avait rendu visite à leur Q.G. à Abomey-Calavi, qui travaillaient en étroite intelligence avec certains de ses proches parents et collaborateurs, que ces
gens-là étaient des escrocs de la pire espère, aussi bien faux pasteurs que faux placeurs d’argent. 156 milliards des Béninois sont partis en fumée dans cette affaire. Mais moins d’une semaine
d’agitations populistes ont suffit pour se fonder la décision du chef de l’Etat de se porter à nouveau candidat. Enfin, le prince du Changement qui s’indigne que des patrons de presse seraient
prétendument portés sur l’enrichissement rapide lors de son lyrisme programmé du 29 janvier 2011. Une prochaine chronique pour lui rappeler comment son souci de déontologie et d’éthique dans
les médias a conduit le Bénin, 23ème en matière de liberté de presse en 2006 au 70 ème rang en 2010.

Tout le monde est coupable, même la presse, sauf Yayi…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

VISAGES DU BÉNIN

Visages du Bénin est un média d’informations générales mis en ligne depuis 2009 et dirigé par le journaliste béninois Francis Z. OKOYA. La rédaction de Visages du Bénin animée par des professionnels et soutenue par ses différents correspondants, propose toute l'actualité sur le Bénin et ouvre une large fenêtre sur le reste du monde. Restez connecté avec nous, restez informé.

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